19.06.2007

le recensement 2

Ayant ainsi fait l’appel et le compte des soldats, Momo est content, il a fini de les compter et vlan !, remettez nous ça patron, il doit compter toute la famille Lévi, enfin les mâles, depuis les bébés d’un mois jusqu’aux vieux qui branlent du dentier en sucrant les fraises.

Le recensement fini, Momo organise la vie à la caserne ;

On ne rigole plus, chacun à son étendard, son camp ici et pas là, son chant de régiment .Car chaque tribu est devenue un régiment ! Pour les chants, je ne sais pas mais mon époux, du temps de son glorieux passage sous les drapeaux chantait, il chantait  pour aller à la soupe en marchant… gaiment :

« Souvenir qui passe, la vieille caserne oubliée,

Le temps la remplace … »

La suite je ne sais pas, je ne connais que ce passage, grâce à une prise de galon de cabot chef et à l’euphorie qui a suivi…

Revenons aux Lévites, chaque famille se voit confier de hautes responsabilités ecclésiales, comme sacrificateur, allumeur de réverbère, plongeur en divine vaisselle, maître nageur pour gigot et côtelettes, avertisseur musical de l’heure de la messe ou plus simplement porteur de sinbarda. * Car du matériel, il y en a, à entretenir, à faire fonctionner, à déplacer…Ca coute la peau du dos et ça pèse un âne mort

Pour organiser tout cela, chacun est répertorié, embrigadé, logé dans un lieu bien précis dans de petites unités elles mêmes faisant partie de plus grandes.

Chacun est dans sa bourriche, sur sa palette, dans son container, dans son wagon comme les huitres du réveillon, prêtes à déferler sur les marchés.

Nous récapitulons ensuite tous les sacrifices et tous les dons au temple faits par chaque prince de chaque tribu. C’est long, répétitif, parce qu’ils font sensiblement la même chose, et cela étonne un peu, voilà des gens qui hier encore fabriquaient des parpaings pour  Lafarge et cie, et qui aujourd’hui sont princes ! Même avec une promotion canapé, on ne monte pas si vite en grade !

Continuons car on n’est pas au bout, les hommes font leurs classes et apprennent le sens des différentes sonneries de clairon :

-« 1ère, à vos marques »

-« 2ème prêts, »

-« 3ème partez ».

Dieu demande encore du matos que Momo fait fabriquer vite fait,

« il me le faut pour avant-hier, » dit-il, et c’est bien normal puisque voilà deux livres et trois chapitres que nos sacrificateurs s’en servent…

Tant qu’il est dans les répétitions, il leur remet une louche de Dalloz, une louche de manne et une de cailles.

Et c’est le drame, alors que Momo passe son temps à monter à la barre pour se faire l’avocat de sa bande de râleurs, son frangin, Aaron et sa frangine Marie, se mettent à critiquer Moïse ;

Pourquoi, j’imagine bien

-         mal aux pieds, à force de rester debout, pour écouter des règlements à n’en plus finir,

-         -mal aux cervicales, (syndrome de Rolland Garros) à force de suivre des yeux le Momo qui monte et qui descend de la montagne sans cheval,

      -mal au dos à force de se pencher pour ramasser la soupe du lendemain…

Et bien ce n’est pas pour ça, Aaron à une bobonne qui s’occupe de la gamelle, il regarde peu Momo, occupé qu’il est à soigner sa propre image, et comme tout chef suprême de la foi, il est assis, pendant la messe, sur une belle chaise à part.

C’est pas pour ça, qu’ils digottent derrière le dos de Moïse, c’est parce que ce bon vieux s’est remarié avec une femme éthiopienne.(à suivre)

 

*saint barda,( j’avais envie de vous mystifier un peu .)

11.06.2007

la loi, c'est la loi 3

La loi c’est la loi que je vous ramène là, dit Moïse en étalant tous les ouvrages de la maison Dalloz sur la table.

J’ai tout ça à vous lire,

-le code civil,

-le code du commerce,

-le code du travail,

Plus, le Vidal, et la revue médicale « the Lancet » avec ses articles sur la lèpre (cela va surement débarrasser le monde de cette saleté de maladie…) et ceux très détaillés sur les maladies vénériennes, car on en cause de ces choses là.

Ajoutons à tout ça le bouquin qui est resté dans la brouette …le fameux code des sacrifices, une somme théologique de 9832 pages (sans les mises à jour) à coté de laquelle celle du Docteur D’Aquin fait office  de plaisanterie.

Dans cette merveille sont décrits dans les moindres détails le pourquoi du sacrifice, et surtout le comment, du choix de la victime jusqu’à sa crémation sur l’autel.

-«  apprend tout ça par cœur dit momo à son frère, car c’est toi qui t’y colle ! »

 

C’est cela le lévitique, un étalage des mille et une lois civiles, religieuses, commerciales, qui vont conditionner la vie de ces gens en marche, qui vont transformer un ramassis de pauvres esclaves en un peuple, le peuple élu.

Des épreuves communes, une loi commune, une foi commune, voilà la recette utilisée par Dieu et son lieutenant Moïse pour construire une nation.

Les épreuves, les pauvres gens en ont déjà traversées quelques unes et ce n’est que le début !

La loi religieuse, elle est tellement compliquée avec ses astérisques, qu’il n’est pas possible d’être sûr qu’on la suit bien comme il faut ! Il va donc se créer par nécessité un groupe de réflexion sur cette loi divine, ce groupe va éditer au fil du temps des commentaires variés qui seront ensuite commentés à leurs tour ! C’est comme sur le blog !

Dieu prépare la vie en terre promise, et en terre promise, ils ne sont pas arrivés.

 

Ce livre là, le 3° de la bibliothèque divine, n’est pas fait pour les âmes sensibles, la description des holocaustes vous fait dresser les cheveux sur la tête !

-holocaustes,

-sacrifices d’expiation,

-sacrifices d’action de grâce,

-sacrifices de culpabilité…ça ne vous dit rien ?

O K, je simplifie

-Vous priez, vous tuez un malheureux bestiau, examiné sous toutes les coutures, une belle bête !

- vous remerciez Dieu pour avoir gagné au loto, couic, arrive là que je t’égorge,

-Vous avez fait une bêtise, sans le faire exprès, même boucherie,

-vous avez fait une bêtisé volontairement, MAIS on vous a vu…vous regrettez donc amèrement, et rebelote et un bestiau de moins voire deux ou trois…

Et selon le genre de sacrifice, ou la personnalité du pécheur, l’animal est coupé comme ci ou comme ça, les tripes sont brulées ou non, le sang mis ici ou là, les Lévites, (prêtres de la famille de Momo et Aaron) mangent ou non une partie de la viande.

Sauf le jour des offrandes de gâteaux cuits à l’huile (les beignets de mi-carême), nos héros ont dû sacrifier des millions de milliasse d’animaux innocents !

 

Dans ce désert surchauffé, l’odeur et les mouches, cela devait être quelque chose ! ( à suivre)