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05.05.2008
la gazette du barreau 20
Quand l’audiance reprend, il manque une jeune fille, on l’a trouvée griffée et avec un œil au beurre noir, dans la salle d’attente des témoins. Elle prétend avoir été agressée par un chat sauvage et elle a été conduite chez le pharmacien le plus proche.
La donzelle la plus âgée revient à la barre.
-que vous a dit mademoiselle Jephté ?
-ben rien, Lucienne elle avait envie de se marier, comme nous, et devoir rester toujours vierge, à cause de son père, ben ça l’embêtait.
-avait-elle peur de son père ?
-oh ben non, la Lulu, elle en faisait ce qu’elle voulait de son paternel.
Vous noterez au passage que je vous donne, enfin, le prénom de la fameuse fille de Jephté ! Certains diront que son prénom n’est jamais marqué dans le texte…raison de plus…prouvez moi que ce n’est pas Lucienne.
-et à part pleurer sur sa virginité, vous faisiez quoi ?
- nous chantions des cantiques, nous dansions très chastement entre nous,
- et quoi d’autre ?
- on jouait à s’attraper, à chat, à chat perché, à chat bi… euh botté..
Le président se penche alors vers son assesseur et lui dit à voix basse : « on n’en tirera rien, baratinez moi les jurés pour qu’ils le déclarent coupable ou innocent, je m’en fiche, j’en ai marre de ce procès à rallonge, on ne peut pas y passer le réveillon, derrière il y a l’affaire Marie Bénard et je compte bâcler ça avant la fin de l’après midi… »
Il n’a pas fini de parler qu’un gendarme arrive à la barre en courant, il crie :
- la guerre est déclarée, la guerre est déclarée !
Dans la rue passent des chars et des voitures blindées, au tribunal c’est la débandade, on relâche Jephté au bénéfice du doute après une conclusion exemplaire :
« Attendu que la guerre est déclarée, le général Jephté est reconnu innocent pour aller reprendre le commandement des troupes. »
Jephté a-t-il tué sa fille, l’a-t-il offerte en holocauste comme il en avait l’intention, l’a-t-il enfermée dans un couvent, personne ne saura jamais le fin mot de cette histoire.
Le doute a profité à Jephté qui est libre, et il profite aussi aux jeunes filles qui, chaque année vont camper toutes seules dans la montagne, avec pour seules visites, la boulangère et les chercheuses d’escargots ou de pissenlit….et si vous ne le croyez pas, votre grand fiston peut le confirmer, il y était hier au soir.
Ceci dit, c’est avec Ephraïm que Jephté palabre avant de lui mettre la pâtée. Pour reconnaître les Ephraïmites, on leur fait passer un test, ils doivent dire très vite : » les chaussettes de l’archiduchesse » ce qui se schibboleth en hébreu. Ceux qui disent saussette au lieu de chaussettes sont égorgés, en effet les gens de ce coin là, ne savent pas dire les « che ».
Après avoir égorgé 42 000 bafouilleurs et autres zozoteurs, la guerre se termine, et Jephté meurt, il avait été juge pendant 6 ans.
On n’a pas vu sa fille à l’enterrement.
A suivre
19:10 Publié dans histoire sainte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Toujours merveilleusement loufoque, on vrai régal !!!
Biche
Ecrit par : Biche | 06.05.2008
mais qu'il est long ce procés , , ça change pas de maintenant / ; je continue ! huguette
Ecrit par : macary huguette | 11.05.2008


