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02.05.2008

la gazette du barreau 17

 Faites entrer le premier témoin   dit le juge

C’est un homme très ordinaire qui vient à la barre, le genre d’homme dont on ne retient ni le nom ni le visage.

-c’était après la messe, je m’étais assis 2 rangs derrière le général Jephté et je m’étais endormi. Quand je me suis réveillé, j’étais tout seul dans l’église avec le général, je l’ai reconnu à ses épaulettes car il était de dos.

-que vous a dit le général monsieur tout le monde, demande le président .

- rien, rien du tout, il ne m’a même pas vu, il parlait tout seul !

-tout seul ?

- oui oui , ou à quelqu un que je ne voyais pas.

-que disait-il ?

-et bien, il a dit : » si tu livres entre mes mains les fils d’Ammon, quiconque sortira des portes de ma maison, au devant de moi à mon heureux retour, sera consacré à l’éternel et je l’offrirai en holocauste. »

-vous pouvez vous retirer….témoin suivant, madame Michu, concierge au n° 8 grand rue à Mitspa.

-je connais bien la famille du général Jephté, elle habite depuis 22 ans dans mon immeuble, c’est moi qui arrose les plantes et qui soigne » tintin », leur chat, quand ils partent en vacances.

-Qu’avez-vous à nous dire ?

-et bien le jour du retour du général , tout le quartier était dans la rue, nous étions contents, nous étions triomphants dans les bois dans les champs le cœur à l’aise, nous étions contents nous allions aller voir, voir et complimenter l’armée jephtaise.

Quand le général est arrivé, il y a eut une grande clameur et des applaudissements, tout le monde a couru vers lui…

- et vous avez couru vous aussi,

-non, à cause de mon lumbago, je ne pouvais pas courir, je suis restée sur les marches de l’immeuble et j’ai vu la gamine sortir avec un tambourin et courir en dansant vers son père.

-vous l’avez vue,

-mais c’est la vérité, si vous voulez la preuve je suis même passée le soir à FR3, c’est moi avec le tablier, je secoue un mouchoir rouge, même que la mère Tatzie, elle a été jalouse parce que la caméra s’est arrêté jus..

-laissons ce détail, avez-vous vu l’accusé frapper sa fille ?

- non, il l’embrassait en pleurant.

-et depuis vous n’avez pas revu la jeune fille !

-bien sur que si, elle est rentrée avec lui après la retraite aux flambeaux, juste avant le bal populaire….le lendemain, je l’ai encore vue, elle chargeait la dodoche avec son père, elle avait un de ces barda !

-oui,

- ben, la tente de camping, la glacière, le sac à dos, son sac à main, son sac de maquillage, elle m’a dit qu’elle allait camper dans la montagne avec ses copines. C’est son père qui l’a emmenée.

A suivre

 

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